Propos recueillis par Pierre Suc
AI For Good AI For Bad a échangé avec Hervé GACHEN, Secrétaire général et Directeur de la communication de CA-GIP*. Il nous livre une double vision – professionnelle et personnelle – de son usage de l’IA. Une nouvelle vision de l’intérieur de l’IA au service de tous les responsables de la Com qui ont choisi de s’engager sur le sujet.
AI For Good AI For Bad – Nous allons bientôt publier une étude de satisfaction sur l’usage de l’IA et de ses solutions. A titre individuel quel est votre niveau de satisfaction ? Qu’est-ce qui vous parait bien (good !) et pas très utile (Bad !) ?
Hervé GACHEN – Aujourd’hui, j’en fait un usage est quotidien, aussi bien à titre personnel que professionnel. L’IA a d’abord résolu un problème récurrent : le syndrome de la page blanche. Grâce à elle, je dispose instantanément d’une base de travail, d’un brouillon structuré, ce qui accélère considérablement le processus de création. Ensuite, elle permet d’analyser des volumes de données colossaux et d’en extraire des tendances agrégées en un temps record. Enfin, l’IA challenge les idées. Elle offre un croisement pertinent entre données brutes et tendances émergentes, que je peux ensuite enrichir par une contextualisation fine, des nuances, une dimension émotionnelle et réflexive. Ce gain de temps libère mon esprit pour des tâches à plus forte valeur ajoutée : créativité, esprit critique, et même … du temps libre.
Le bad ? Bien sûr les deepfakes, les fake news, ou encore la désinformation : des menaces réelles qui pèsent sur la crédibilité des messages. Un autre enjeu majeur, souvent sous-estimé – que je me pose à chaque requête – est son impact environnemental. La consommation énergétique de ces outils est un sujet critique, notamment au sein du groupe Crédit Agricole, où la frugalité numérique et la souveraineté des données sont des priorités. La sensibilisation des utilisateurs est urgente, et c’est un combat que je porte activement autour de moi au-delà de la sensibilisation auprès de mes équipes.
AI For Good AI For Bad – En tant que professionnel de la Com qu’est-ce que l’IA a déjà changé dans votre quotidien professionnel ?
Hervé GACHEN – L’IA a profondément modifié notre rôle : nous ne sommes plus simplement des « porteurs de stylo » qui rédigeons des messages. Notre mission est désormais d’être la caisse de résonance des messages que l’entreprise doit porter, en interne comme en externe auprès de son écosystème. L’IA nous permet de nous recentrer sur l’essentiel : donner du sens, créer du lien, et garantir une communication authentique et responsable.
Il y a une autre dimension intéressante dans l’IA – qui n’est pas propre à la Com je pense – elle permet aux collaborateurs de gagner en autonomie. Et donc de se libérer du management traditionnel. L’IA rend tout plus performant et fait gagner du temps cela permet de se concentrer sur les échanges, les idées et de gagner en expertise.
AI For Good AI For Bad – Si vous deviez créer un assistant IA idéal – que l’on appelle désormais agent dans le jargon de la tech, quel serait-il ? Quelle serait sa fonction principale ?
Hervé GACHEN – « Une grande oreille »! Mon assistant IA idéal au bureau serait avant tout une grande oreille qui écoute pour moi. Pour quels usages ? mes déplacements ! mes voyages ! mon reporting ! Pour mon activité professionnelle, Il écouterait en temps réel ce qui se dit, ce qui sefait, et analyserait les tendances émergentes sur tous les canaux pertinents. Son rôle ? Identifier les signauxfaibles, ces indices subtils qui annoncent des changements majeurs. Mon agent ne se contenterait pas de traiter des données quantitatives. Il intégrerait aussi une dimensionqualitative, en croisant des informations variées pour m’éclairer dans mes prises de décision, il me recommanderait des actions adaptées.
L’objectif n’est pas de remplacer la créativité humaine, mais de renforcer notre capacité à anticiper et à piloter la réputation dans un monde où la vitesse et la complexité sont devenues la norme.
*A propos de CA-GIP (Crédit Agricole Group Infrastructure Platform)
Crédit Agricole Group Infrastructure Platform (CA-GIP) regroupe 80 % de la production informatique, des infrastructures et des plateformes technologiques du Groupe Crédit Agricole. Avec plus de 2 000 collaborateurs en France, CA-GIP conçoit et opère des solutions digitales innovantes pour accompagner les entités du Groupe dans la transformation numérique. Ses expertises couvrent les datacenters, le Cloud, l’IA et la cybersécurité, avec un engagement fort en matière de qualité, sécurité et RSE.