Jean Philippe Courtois : « L’IA peut être un outil au service de la curiosité, de l’échange et du temps passé dans une relation humaine augmentée.» 

Par Eric Ochs

Le point de repère de ses actions c’est le «leadership positive». Des interviews vidéo qu’il produit sur Linkedin avec des experts mondiaux au service d’un leadership positif. Ancien Président et EVP de Microsoft et de Satya Nadella, Président de la Business School SKEMA, Jean Philippe Courtois nous partage sa vision de l’intérieur de l’impact de l’IA sur le management.

AI For Good AI For Bad – Qu’est ce que peut apporter l’IA à un leadership positif ? 

Jean Philippe Courtois – Plusieurs choses. Tout d’abord une meilleure organisation des tâches. Dans toutes les entreprises il y a des objectifs et des tâches à accomplir. D’ores et déjà l’IA permet de réfléchir à l’organisation du travail. Je pense que le plus important c’est de s’assurer de la capacité des employés à utiliser l’IA. S’assurer notamment que tout salarié a, par exemple, son permis IA ! Ensuite l’IA permet d’optimiser les ressources financières et humaines des entreprises. Avec l’IA les entreprises ont plus de données, plus de données financières et on gagne en temps passé et en productivité. Globalement les entreprises ont plus de contenu à leur disposition et cela nous amène sur un troisième avantage à savoir une amélioration des stratégies mises en place dans chaque entreprise. On améliore avec l’IA les feuilles de route des projets. Comment ? On renforce les échanges, le dialogue sur les projets. Donc globalement on améliore la qualité du management et du pilotage des entreprises. 

AI For Good AI For Bad – Est-ce que l’on améliore alors le management individuel ? 

Jean Philippe Courtois – Je crois sincèrement que l’IA permettra d’améliorer le management individuel. L’IA peut réduire « la médiocrité » du management. Très clairement il va réduire le nombre de niveaux de management mais pas seulement avec un objectif de rentabilité financière. Les réductions de couche de management – parfois au nombre de sept –  dans les entreprises sont des pratiques connues et inhérentes à la vie des entreprises selon les cycles économiques. L’IA apporte une dimension nouvelle. Elle permet à chaque salarié d’être plus autonome et plus libre. D’ailleurs on observe que les nouvelles générations utilisent l’IA avant tout comme un coach. 

Cela correspond au désir d’autonomie de chaque salarié en entreprise tout en permettant de surmonter les craintes et les freins inhérents à celle-ci. Cela renforce la pensée positive. Et comme l’explique très bien Martin Seligman cela permet de se libérer parfois d’un sentiment d’impuissance.

AI For Good AI For Bad – Quel est votre sentiment sur l’impact potentiel de l’IA dans le management ? 

Jean Philippe Courtois – Je pense sincèrement que l’IA peut « réchauffer «  les relations humaines si on applique à travers ces outils les trois grands principes auxquels je crois pour un management positif. Tout d’abord L’IA peut permettre être plus curieux, voire même très curieux et bref de s’enrichir de nouvelles connaissances. L’IA peut aussi permettre aux managers et salariés de dégager du temps pour prendre du temps. Echanger davantage, poser des questions plus humaines. Et enfin de le faire plus souvent. Dans le management des ressources humaines le souvent c’est une des clés du dialogue.