À l’ère de l’IA faut-il repenser la taxation du capital numérique ? L’idée n’est pas nouvelle – Bill Gates en avait déjà parlé en 2017 – mais elle devrait refaire surface tant les impacts sur l’économie mondiales semblent nombreux. Même si le point de vue de Bill Gates est désormais celui d’un philanthrope – plutôt repenti – l’idée devrait être exploitée politiquement dans les mois à venir. La mesure de l’opinion américaine sur ce sujet au moment des mid terms de novembre sera intéressante à observer.
Tout en expliquant que l’IA avait des avantages et des inconvénients Bill Gates, dans un post de blog, est revenu sur la nécessité de taxer le capital IA. Dans ce billet de blog il explique qu’il faut repenser la fiscalité du travail et du capital. L’IA va supprimer des emplois et donc des recettes fiscales. « Je pense que nous devrions taxer les robots et les « jetons d’IA » explique-t-il. » Actuellement, lorsqu’un employeur embauche quelqu’un, il paie des charges sociales sur le salaire versé. En revanche, l’achat d’un robot peut généralement être déduit immédiatement des bénéfices au titre des frais professionnels. Le système fiscal incite donc à remplacer l’humain par la machine » analyse-t-il.
Les freins à l’IA peuvent-ils l’emporter ?
Dans la suite de son billet de blog il poursuit en donnant des pistes sur les possibilités d’affectation de cette taxe : aider les salariés privés d’emploi ou qui voient leur activité diminuer. Indirectement Bill Gates estime que les facteurs de productivité générés par l’IA vont inciter rapidement les entreprises à remplacer les humains par des agents IA. Les freins demeurent cependant. La cybersécurité semble être le principal. Le surinvestissement en capital privé et dette est aussi un risque. Le caractère oligopolistique – voire d’entente diront certains – de l’offre IA également. Mais du côté des partisans d’une mutation rapide vers l’IA on espère au contraire que cela libérera l’homme de la machine et qu’il pourra consacrer son temps libre à des tâches plus enrichissantes. En dehors du tourisme et des loisirs cela reste à imaginer mais c’est sans doute là une nouvelle opportunité d’investissement pour le capital-risque. Les profits et la croissance des revenus de AirBnB sur le dernier trimestre sont là pour le prouver.
Crédit photo : image générée par ChatGPT
Commentaires